Il serait tout à fait hasardeux de chercher dès maintenant à connaitre avec précision l’impact de la crise de covid 19 sur le marché de l’investissement immobilier. Cela ne doit cependant pas nous empêcher de commencer par réfléchir sur les changements qui surviendront inévitablement. Ces bouleversements concerneront d’abord le court terme avec la reprise des transactions immobilières à l’entame du déconfinement. Mais, ils s’étendront certainement dans la durée.

Quel est le futur du secteur immobilier après la crise du covid 19 ?

Tout ou presque est l’arrêt et se constate avec la fermeture des magasins, restaurants et bars ou encore salles de sports et de fête. Aussi, de nombreux avions sont cloués au sol et la situation n’est pas meilleure du côté des trains. Même ceux qui ont la possibilité de faire du télétravail depuis chez eux ont dû changer leurs habitudes en profondeur alors que dans le même temps, les bureaux ont été largement désertés. Mais, avec l’amorce du déconfinement, l’activité économique repartira sans doute petit à petit et on est en droit de se demander à quoi s’attendre.

La protection à long terme contre les crises d’ordre sanitaire et économique ainsi que les risques liés au climat seront certainement désormais un enjeu majeur pour les entreprises. En ce qui concerne précisément le marché de l’immobilier, ses acteurs décupleront leurs efforts pour parvenir à une nouvelle ère, celle d’une économie écologique. Les salariés feront toujours des bureaux des espaces de rencontre, de socialisation et d’apprentissage. En revanche, leur taille baissera de façon drastique avec l’émergence et même la normalisation du travail à domicile. Cela signifie que le bureau deviendra un lieu de bien-être ou tout est mis en œuvre pour accroitre la productivité et la créativité. Le bureau sera de fait transformé en un espace qui satisfait aux normes de pérennité et qui dans lequel la nature a toute sa place.

Les ressources se feront de plus en plus rares et les couts de constructions deviendront de plus en plus élevés. En conséquence, les architectes devront adopter les règles de l’économie circulaire.

Quant aux secteurs du service et de l’hôtellerie, ils sortiront progressivement de la crise. Ils profiteront probablement des demandes insistantes de clients en quête d’endroits responsables et amis de l’environnement.

Enfin, le secteur de la logistique aura également son mot à dire. Il lui faudra faire preuve d’ingéniosité pour faire face à l’explosion de la demande du « dernier kilomètre » et des livraisons engendrés par l’envolée du commerce sur internet.

Quelle sera l’attitude des investisseurs ?

L’immobilier figure parmi les rares secteurs dans lesquels on peut réaliser un investissement sans fonds propres. En effet, aucune banque ne vous prêtera des fonds substantiels pour acheter des titres sur le marché boursier. Très peu sont aussi les institutions financières prêtes à vous accompagner dans un investissement sur un fond euro d’une assurance-vie. Et comme vous le savez déjà, il n’est pas aisé du tout de contacter un emprunt lorsqu’on veut créer sa propre entreprise. À condition que vous justifiiez de revenus suffisants, vous pourrez par contre souscrire sans trop de difficulté à un crédit immobilier afin de faire un investissement dans le locatif.

À noter toutefois que le secteur de l’immobilier locatif n’est pas un long fleuve tranquille. Bien au contraire, il est aux prises à des fluctuations et une période favorable ou défavorable peut être très longue. Si la sortie de la crise du covid 19 devait ouvrir un cycle de baisse des prix, il y a fort à parier que très peu d’investisseurs s’aventurent à investir sur le marché locatif. Déjà que beaucoup ont déjà abandonné ce type de placement du fait de la faiblesse des rendements locatifs après acquittement des impôts et charges. Le fait que les rendements bruts moyens semblent élevés n’est qu’un leurre. Car une fois les charges et impôts pris en compte, la rentabilité de l’investissement locatif fond comme neige au soleil. Dans le même temps, certains continuent de faire confiance à l’investissement locatif même en période de crise. C’est surtout le cas des investisseurs à gros revenus qui entendent par ce biais payer moins d’impôt en ayant recours aux nombreux dispositifs de défiscalisation. Les artisans, commerçants et autres entrepreneurs dont l’impôt sur le revenu baissera avec leurs revenus ne trouveront à leur niveau aucun intérêt à faire un placement en loi Pinel par exemple.

À quoi s’attendre en ce qui concerne le comportement des banques ?

Le comportement des banques sera à scruter de près, car il déterminera la portée de la crise immobilière. Seront-elles disposées à octroyer davantage de crédits immobiliers et sous quelles conditions ? Pour l’heure, le flou persiste au sujet de l’évolution des taux de prêt immobilier à la sortie de la crise. Il est à noter en tout cas que bon nombre de banques n’ont pas hésité à augmenter leurs taux en avril et en mai de cette année. Mais qu’en sera-t-il de la fin de l’année ? Rien n’indique si les taux baisseront ou continueront d’augmenter après le déconfinement. Les banques devant elles aussi faire face à des pertes conséquentes seront peut-être tentées de poursuivre leur politique restrictive. Ou bien, voudront-elles jouer le jeu en desserrant les vis afin de participer à la relance de l’activité économique. Seul l’avenir nous le dira…